La Nouvelle du Festival
Pendant cette édition 2017, deux histoires collectives se sont écrites au long de la journée du vendredi et du samedi et s’offrent ici à la lecture de chacun

La nouvelle du vendredi 26 mai :
C’était dans la clarté d’un petit matin.. La Loire paresseusement coulait sur les cailloux d’argent. Elle était debout depuis si longtemps déjà et restait assise, là, pensive… Hier il était parti comme cela, sans broncher, sans dire sa destination, sans donner quelque marque d’attachement… Pourquoi ? Et elle va recommencer à l’attendre, comme si souvent quand il partait. Pourquoi, mais pourquoi ne partait-elle pas à son tour visiter les viels en bord de Loire, ces châteaux qui l’attiraient ? Allez, courage, dehors ! Rien n’y faisait… Elle préférait attendre avec l’espoir que lui ou quelqu’un d’autre viendrait, elle qui rêvait  d’un départ à deux. Deux ans plus tard, elle partit et se retrouva dans la mer et fila à la Réunion, à St Leu. Il revint à la maison mais trouva porte close. Elle était partie faire un tour… Un tour au Festival du Mot… Il faisait beau ! Et chaud, c’était l’heure de boire l’apéro ! La Loire se faisait fleuve africain, pas d’hippopotames, pas de crocodiles, des ilots de sable ; il semblait possible de la traverser à pied, mais c’était une traitresse et vous enfermait, dans ses bras. Le soleil donne, cogne dans ce pays ligérien aux degrés africains, elle est de retour en pays charitois se languit : « dis quand arriveras tu ? Dis quand reviendras-tu ? » Cette litanie répétée tel un mantra, lui apporta la vision du bouddha. Et la voilà assise en tailleur au cœur du cloître. Elle s’élève alors très haut ! Le soleil se coucha, la nuit la recouvrit, le nouveau jour se pointa. L’attente fut longue. La confiance fut longue. La confiance s’ébranla. Encore un jour de plus, aujourd’hui elle entendit… Enfin, il arriva, méconnaissable… Et il vit que l’amour s’était métamorphosé en une horrible grenouille pleine de pustules qui en promettait plus qu’elle n’en pouvait… Le son des cloches la réveilla brutalement. De grenouille point ! Le soleil tardait à retrouver ses draps, l’air était doux, tendre même… un air d’apéro… on aurait un dit de ces jardins de Monet, à Giverny, le pont japonais… comme ces jours infinis en été qui vous rappellent comme la vie est précieuse … Jeanne s’arrêta se reposer au bord de Loire.  Elle avait bien envie de tremper ses pieds dans l’eau, mais la peur des couleuvres la retenait. Elle regardait, fascinée, les tourbillons de l’eau que rien ne semblent pouvoir ralentir. Wesh ! Mate sa zouz ! MDR, dit-il, elle ferait mieux de surveiller son indice corporel pour préserver son capital osseux !
Il parlait ainsi : « Préserver son capital osseux… indice corporel… »
Jusqu’à ce jour, ce jour de Loire, elle avait capté, cela glissait sur sa peau rosée de petite fille de sorcière berrichonne : tous ces mots rebondissaient sur elle avec une sorte de gaité, pour lui revenir à lui et glisser dans les intersites inavouables de son corps. Jusqu’à ce jour…

La nouvelle du samedi 27 mai :

Par cette belle journée estivale, trois compagnons de fortunes s’étaient retrouvés sur le bord du fleuve et leur projet en tête, ils réfléchissaient par quel moyen ils allaient le mettre en œuvre. Ils commencèrent par la visite de Notre Dame, son cloître et… à notre tour, nous découvrîmes cette fantastique initiative, qui nous réconciliait avec la richesse de notre langue, porteuse… Des normands s’immiscent dans le projet, rencontrent les trois compères et leur disent : « laissez nous la place, la beauté du lieu justifie les moyens ». Avec affection, discussion et échange, les 3 compagnons de fortune le groupe de Normands scellèrent un pacte : celui de vivre heureux ensemble dans le respect de leur race. Bien leur en pris quelques jours, ce sont les Sarrazins qui pointèrent leur minois. Foin, de galette, ils ne se laisseront pas entrer en conflit. Ils se réunissent à la tombée du jour au bord du fleuve Loire. La beauté et la sérénité du paysage et des lieux, leur inspire la sagesse de se respecter et de ne rien abîmer de ce qui les entourait. Mais, sous le calme apparent, l’orage menaçait. Un des normands avait reconnu parmi les Sarrazins, un de ses pires ennemis d’enfance.
« Très bien faisons la paix malgré l’orage, la haine éventuelle, mes legs malencontreux de ressentiments centenaires, transmis comme du poison précieux. Jetons cela aux orties, mais préservons nous bien de nous piquer. Ne polluons pas la Loire, ni les 18 générations à venir, de notre mécontentement viscéral et ancestral. »  Ainsi parlait non pas […], mais une voix sans fausse note. Le Normand, qui avait reconnu et entendu cette voix, et une autre voix qui lui susurraient : « Soyons transgressif, on nous a dit éventuellement, et je n’en suis pas sûr, de changer d’histoire, ou pas ? Qu’est-il advenu de cette jeune, ou moins jeune, future vieille personne (pleine de sagesse ?) qui se débattait avec les complexités de l’attachement amoureux. (mais gare aux parures et autres fariboles, méfiez-vous des contre façons en ce domaine, comme, cela lui revenait, lui disait sa grand-mère, femme pleine d’aspérités et de bon sens). Bien, d’un coup d’un seul, la lumière vint et, levant les yeux, elle aperçut le nouvel homme de sa vie… mais ne jetant pas un regard sur les potentiels et les déconfitures sans demander son reste, elle alla s’asseoir en terrasse et commanda un demi : « bien mousseux garçon s’il te plait ». De ce jour, elle coula des jours heureux, car bien sûr, elle trouve chaussure à son pied, son père étant cordonnier de profession.


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